Fibre optique: Swisscom collabore à nouveau ponctuellement avec ftth fr

Au tout début de l’année 2017, Swisscom se retirait du partenariat signé en 2009 avec le Groupe E et le canton de Fribourg. Les évolutions technologiques tant au niveau du réseau cuivre de Swisscom que des réseaux coax des câblo-opérateurs mettaient un terme à l’ambition louable du canton de Fribourg de déployer la fibre dans chaque habituation du canton. Non seulement ce n’était pas financièrement tenable mais surtout, les consommateurs ne peuvent pas patienter 10 ou 20 ans avant de voir le réseau adapté à leurs besoins.

Dans mon billet de 2017 que je vous invite à relire, j’expliquais non seulement en détails pourquoi la rupture entre Swisscom et ftth fr était inévitable mais je me demandais également ce qui se passera lorsque tôt ou tard Swisscom devra passer au FTTH? Alors que la modernisation du réseau Swisscom vers le FTTS et le FTTB ne sera terminée que d’ici un ou deux ans, je n’aurais vraiment pas imaginé que Swisscom et ftth fr se retrouvent si vite autour de la table.

Plus flexible et collaboration au cas par cas
C’est pourtant fait maintenant! La grande différence avec le contrat de 2009 c’est sa flexibilité. On ne parle plus d’un déploiement systématique de chaque commune mais de conditions cadres que les deux parties peuvent appliquer à différents projets d’extension, en fonction des besoins et des cas. Chaque projet potentiel est évalué individuellement; il est ainsi possible d’étudier précisément la situation spécifique de chaque zone pour décider si il est utile ou non de collaborer. De plus, le contrat réglemente aussi les conditions d’accès pour Swisscom aux réseaux de fibre optique FTTH existants de ftth fr.

Bien entendu, cette nouvelle risque de rester un peu en travers de la gorges de ceux qui ont toujours cru au projet de ftth fr y compris lorsque le géant bleu s’est retiré. On peut d’ailleurs les comprendre puisque comme bien souvent c’est certainement Swisscom qui profitera le plus de cet accord. Mais les Fribourgeois ont néanmoins de quoi se réjouir! Non seulement c’est Swisscom qui est demandeur mais en plus ce nouvel accord offre une garantie supplémentaire que les investissements actuels seront rentables. De plus, vis-à-vis des collectivités publiques, difficile de justifier la construction de deux réseaux parallèles identiques.

© pascal martin (c)

Photo: Christian Desclouds, Head of Access Account Management West, Swisscom; Urs Schaeppi, CEO, Swisscom; Thierry Berney, Partner & Account Manager, Swisscom; Jean-François Steiert, Vice-président du Conseil d’administration, ftth fr; Christoph Aeschlimann, CTO & CIO, Swisscom; Christian Neuhaus, Public Affairs, Swisscom; Claude Gremion, administrateur délégué, ftth fr; Frédéric Mauron, directeur, ftth fr

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9 commentaires

  1. C’est une bonne nouvelle pour les fribourgeois, merci pour cette analyse Pascal.

    Après le canton de Fribourg (c’est une petite partie de la Suisse romande pour faire simple), quid des autres cantons, comme le plus gros (Vaud) avec aucune nouvelle collaboration, celles de Lausanne, Yverdon et Gland région étants terminées ou presque, ce qui est loin de faire le compte.

    Dans 5 ans, un quart voir un tiers des raccordements en FTTH, le reste en cuivre pour les générations futures.

    Au classement de l’OCDE la Suisse ne va pas faire bonne figure lorsque le ranking sera calculé sur le type de raccordements et pas sur les débits moyens comme actuellement.

  2. En habitant en pleine agglomération bulloise, on ne peut nous fournir que 20 mb de vitesse internet à la prise du téléphone en « Best effort ». Et rien à signaler à moyen terme côté fibre. Alors les blablabla du monopole et des politicards, voilà quoi…

  3. @ Pierre B.

    Étonnant votre commentaire car l’agglomération bulloise est très bien desservie par le téléréseau de GESA, ce qui permet des débits beaucoup plus importants.

    Le mieux est peut-être de changer d’opérateur…

  4. @Nicolas B. : C’est ce que nous avons fait, nous n’avions finalement pas le choix. Je note qu’on dispose théoriquement de 500 mb en Best effort. Mais on constate aussi que cette vitesse n’est pas toujours disponible et que nous sommes « contraints » d’être client d’un téléréseau, alors que Fribourg ville et son agglomération sont largement connecté à la fibre. La commune de Bulle protégerait-elle GESA dans laquelle elle largement actionnaire en barrant le déploiement de la fibre ? On est en droit de se poser la question, non ?

  5. Avec net+ vous aurez beaucoup plus rapide que swisscom qui normalement fourni du 50 Mo à Bulle au minimum

  6. il n’y a qu’une seule raison à cela, le débit 10Gb, seule la fibre optique le permet réellement sur le terrain, vu la distance tellement courte possible en cuivre 37m maximum avec paire de cuivre catégorie 6, ce n’est plus rentable en cuivre ! donc le ftth devra se relancer de plus bel ou la clientèle restera à des débit inférieurs.

    https://www.01net.com/actualites/la-paire-de-cuivre-prete-a-atteindre-10-gigabits-313985.html

    Les autres qui ne suivront pas, vont perdre leur clientèle jusqu’à la faillite ou rachat.
    Donc, le cuivre sera bel et bien terminé d’ici 20 ans pour les gros débit => 10Gbit/s.

  7. @redge, il faut espérer que nos parlementaires et opérateurs te lise et te suive, car pour le moment le service minimum il est à 10 Mbit/s, soit 1000 fois moins que les 10 Gbit/s évoqué.

    Donc même dans 20 ans, je doute que 90% des raccordements suisses arrivent à pareil débits.

    Car qui va payer la note, en milliards, en Suisse il faut compter environ 2’500 francs par raccordement quand il s’agit d’une ville comme Yverdon-les-bains (15’000 raccordements pour 38 millions environs, 40% la commune – 60% Swisscom), pour un village ou un petit bourg le prix par raccordement va fortement grimper.

    Au vu du fonctionnement politique et ultra liberal de la Suisse, dans 20 ans je pense que la situation actuelle aura peu évolué, il y aura des fusions chez les cablos, volontaire ou non, sans plus.

    Chez les telcos, Swisscom restera le plus gros, avec Sunrise derrière et Salt bon dernier.

    Tous vont profiter et tirer au maximum du cuivre existant, qui auraient imaginé il y a 25 ans que les débits actuels du cuivre soient possible ?

    Les cablos comptent sur le DOSCIS 4.0 pour proposer du 10 Gbit/s et les telcos miseront sur le XG.Fast, tous les deux pour investir le minimum vital.

    En campagne la 5G sera utilisée pour palier au raccordement fixe déficient, personne ne voudra investir pour des petits villages ou hameaux isolés.

    Comme tu l’écris très justement redge, « la clientèle restera à des débits inférieurs » et cela ne changera pas, même dans 20 ans.

  8. @Pierre B.
    Il y a plusieurs choses à dire…
    – Premièrement, différents projets d’installation de la FTTH étaient prévus pour l’agglomération bulloise dans le cadre de l’accord entre ftth fr et Swisscom. Sauf que Swisscom a eu  »la bonne idée » de rompre le contrat de partenariat et de partir seul avec sa FTTS ou FTTB. Les projets sont donc tombés à l’eau et vu que le téléréseau reste relativement performant, les travaux n’avaient plus lieu d’être (investissements trop élevés pour ftth fr qui se retrouve seul, favoriser les zones moins bien desservies ?). Selon un article de P@scal, Swisscom revient en arrière et a refait un contrat de partenariat avec ftth fr…

    – Le téléréseau a encore de beaux jours devant lui avec l’arrivée du DOCSIS 3.1 (1000/100) voire le DOCSIS 4.1 théoriquement jusqu’à 10Gbps. Faut-il encore que GESA adapte ses différentes infrastructures tant au niveau passif qu’actif (changement du CMTS, changement des amplis, diviseurs/dérivateurs et prises, changement du plan de fréquences et agrandissement de 862 MHz à 1218 MHz). Quoiqu’en regardant du côté de Neuchâtel et de Vidéo2000, ils font du DOCSIS 3.1 sur un plan de fréquences de 5 à 862 MHz. Donc pourquoi pas GESA ?

    Ce qui me fait toujours rire, c’est que Swisscom nous vend son FTTS ou FTTB comme une  »nouvelle technologie » alors que les téléréseaux le font depuis plus de 10 ans, soit de raccorder les buffets de quartier avec la fibre optique et d’utiliser des amplis Optique/Electrique pour réutiliser le câblage coaxial sur les derniers mètres…

    Bonne journée

  9. @Nicolas, merci de vos informations complètes. J’avoue toutefois être loin d’avoir les compétences pour comprendre les finesses techniques.

    Cette agglomération est un véritable chantier à ciel ouvert depuis l’an 2000. Les raisons pour lesquelles on ne profite pas d’installer le réseau de communication du futur au lieu de moderniser une ancienne infrastructure m’échappent. Je comprends bien qu’il est nécessaire d’investir, mais pour faire pousser des champignons en béton de façon anarchique, pondre une nouvelle gare (périphérique) et un quartier entier tout neuf pour des centaines de millions de francs, et finalement se retrouver avec près d’un millier d’appartements vides, il n’y a aucun problème.
    Bonne journée.

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