LTC: Le déploiement du haut-débit prime sur la pure question du prix dans les villes

A l’heure où les politiciens sont critiqués de toute part et leur indépendance de plus en plus mise en doute on ne peut que se réjouir que la majorité tant des parlementaires que des sénateurs ont décidé de privilégier les consommateurs et le déploiement du haut-débit sur l’ensemble du territoire plutôt que certains intérêts particuliers. En effet, par 22 voix contre 19 et 2 abstentions le Conseil des Etats a suivi le Conseil national en décidant rester dans le cadre actuel concernant l’accès au réseau. C’est d’autant plus réjouissant que cette décision allait à l’encontre de l’avis du Conseil fédéral, de la ComCom, de Monsieur Prix et d’une alliance contre-nature entre tous les opérateurs alternatifs (Sunrise, Salt, etc) et les câblo-opérateurs (UPC, Suissedigital, etc).

La position de Doris Leuthard et du Conseil fédéral est avant tout liée à des pressions extérieures à notre pays (OCDE, etc) qui comparent la Suisse avec des pays sans concurrence sur les infrastructures avec un seul réseau; celle de Monsieur Prix se base malheureusement uniquement sur le prix final sans tenir compte de l’extension du très haut-débit; celle de Stephan Netzle le Président de la ComCom est par contre totalement incompréhensible, pour lui visiblement le très haut-débit tel qu’il est disponible aujourd’hui est largement suffisant.

Il serait peut-être temps de parler du déploiement du réseau
A aucun moment les discussions autour de la révision de la loi n’ont porté sur la question du déploiement du réseau. Le seul sujet de discussion concernait le prix avec comme théorie simpliste de dire que si on régule le prix d’accès au réseau Swisscom, le client paiera moins cher. Malheureusement cette question n’est importante que pour ceux qui sont privilégiés et peuvent disposer d’une bonne connexion aujourd’hui déjà chez plusieurs opérateurs et faire jouer pleinement la concurrence. Alors que ceux qui n’ont à disposition qu’un seul raccordement possible avec parfois moins de 10 Mbit/s et qui paient déjà très cher pour ce qu’on leur offre, sont très souvent prêts à payer nettement plus pour obtenir une connexion plus rapide.

Une régulation de l’accès au réseau, en supposant que les prix baissent ne profiterait qu’aux privilégiés`actuels alors qu’elle pénaliserait ceux qui n’ont aujourd’hui presque rien puisque cela ne ferait que baisser les fonds à disposition pour étendre le réseau.

Les petits opérateurs qui dépendent entièrement de Swisscom sont les plus avantageux!
Ce serait d’autant plus stupide que déjà aujourd’hui grâce à la concurrence avec les téléréseaux et ceci sans régulation, les prix d’accès au réseau Swisscom pour les FAI sont très avantageux. Et pour preuve, on constate que ceux qui proposent les prix les plus intéressants hors action, sont justement de très petits opérateurs qui dépendent uniquement du réseau Swisscom; ils suffit de regarder les prix par exemple de Teleboy ou de Interxs: moins de 30 francs pour du 20 Mbit/s ou moins de 40 francs pour du 100 Mbit/s. Par une révision de la loi les grands opérateurs veulent simplement augmenter leurs marges au dépend des consommateurs; la seule exception est Salt qui essaie réellement de faire bouger le marché tant sur le fixe que sur le mobile.

Stephan Netzle peut changer de job quand il veut!
Alors oui, au travers de sa marque propre les prix Swisscom sont élevés et comme la plupart des Suisses ne sont pas prêts à faire jouer la concurrence ils le restent du moins chez les gros FAI. Mais au moins cela permet d’investir de l’argent dans le réseau. Alors que diminuer les prix d’accès des privilégiés ne ferait que pénaliser ceux qui aujourd’hui n’ont quasiment rien. Il est par conséquent quand même fou de voir que non seulement la ComCom n’est pas capable de faire son travail mais qu’en plus elle milite pour quelque chose qui freinerait le déploiement du réseau. Après un tel désaveu, Stephan Netzle peut changer de job quand il veut!

Quant aux consommateurs, pour voir le déploiement du haut-débit continuer il faudra donc se contenter de maintenir la pression sur le minimum du service universel. Et peut être aussi espérer que la descente aux enfers d’UPC cesse…

© pascal martin

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3 commentaires

  1. Je ne comprends pas de tout où vous voulez en venir Pascal ?

    Par contre si je regarde l’état actuel des raccordements à la toile disponibles en Suisse à fin 2018, il y a les ultras chanceux des grandes agglomérations proposants la fibre pour moins de 40.- mensuel, ensuite les raccordés haut débit avec un cablos ou en cuivre chez un telcos, et le reste sans cablos donc soumis à l’état du réseau cuivre de Swisscom, dans certains cas pas mieux que le service universel soit du très bas débit ( pas d’iptv par exemple).

    La fracture numérique possède 3 paliers, avec cerise sur le gâteau, ceux qui optent pour le très haut débit fibre Salt payent moins que pour le service universel, pas de quoi se réjouir de cette évolution !

  2. J’ai rendu mon billet plus compréhensible 😉

  3. C’est plus clair en effet avec ces explications, ok 👍

    Cependant la fracture numérique elle restera, même avec un Swisscom qui améliore (selon ses publicités) la desserte en campagne (et en zone de banlieue sans cablos), cependant je reste persuadé que fin 2021 il restera des milliers de raccordements avec tout juste le service universel facturé plus cher que le FTTH de Salt.
    Le service universel c’est 25 frs au max, plus c’est du racket comme actuellement !

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