L’intérêt principal de la 5G ne réside pas dans l’augmentation du débit | scal.ch

L’intérêt principal de la 5G ne réside pas dans l’augmentation du débit

Au niveau politique, la question d’une augmentation des valeurs limites définies par l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI) revient sur la table au travers d’une nouvelle motion déposée par la commission des Transports et des Télécommunications du Conseil des Etats; pour rappel, les normes suisses sont dix fois plus sévères que dans les pays qui nous entourent.

Aujourd’hui, le quota de rayonnement de près de 90% des stations de base des zones urbaines est déjà épuisé; cela signifie qu’il est impossible pour les opérateurs de déployer de la 5G dans ces zones sans construire de nouvelles antennes. Ceci alors même que la construction de nouvelles antennes fait l’objet de beaucoup de réticences auprès de la population. Construire de nouveaux sites coûte donc non seulement très cher mais prend également beaucoup de temps.

Le danger serait de se dire que rien ne presse
Pour le citoyen moyen il n’est pas forcément toujours simple de se rendre compte de l’utilité d’une nouvelle technologie telle que la 5G. Par le passé c’était plus tangible, le passage de la 2G à la 3G par exemple révolutionnait tout simplement l’expérience utilisateur sur son smartphone. Il y a deux à trois ans lors de l’arrivée de la 4G, on pouvait déjà se demander si c’était vraiment utile puisque le surf mobile en 3G était déjà agréable et fluide… mais il suffit aujourd’hui de bloquer son smartphone en 3G pour se rendre compte à quelle vitesse les choses évoluent.

Le danger aujourd’hui serait de se dire que l’on n’a pas vraiment besoin de la 5G ou qu’en tout cas rien ne presse. Ce serait pourtant une grave erreur, l’intérêt de la 5G dépassant largement le contexte d’une simple augmentation de vitesse. La 5G c’est avant tout une porte ouverte vers le futur avec l’Internet des objets dont on imagine pas même l’impact sur nos vies par exemple dans le domaine de l’industrie, de la santé, de la sécurité ou encore de la mobilité.

Le déploiement de la 5G est capital pour la Suisse
Au delà de débits équivalents à ceux de la fibre optique, la 5G c’est surtout un temps de latence plus de 10 fois inférieur à celui de la 4G, soit moins d’une milliseconde! Même des applications qui n’ont pas besoin de beaucoup de débit mais d’un temps de réaction très courts ne seront réalisables qu’avec de la 5G. Et on ne parle pas là de gadgets mais parfois même de questions de vie ou de mort par exemple si il s’agit d’éviter des accidents en contrôlant des véhicules ou des machines ou de réaliser une opération chirurgicale à distance par exemple.

Au niveau sécuritaire, la 5G est également stratégique pour un pays puisqu’elle permet de « découper » le réseau et allouer des ressources selon l’usage et l’importance. L’utilisation du réseau peut par exemple être garanti lors de situation de crise ou de catastrophes.

La balle est donc aujourd’hui dans le camp de Conseil des Etats pour savoir si la Suisse ratera ou non le train de la 5G.

© pascal martin

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11 commentaires

  1. Le lobbying de Swisscom fonctionne visiblement toujours bien au gouvernement, on dirait qu’ils ont écrit eux même la motion. Mais bon même le conseil fédéral est d’avis qu’on revote jusqu’à que le résultat convienne, belle leçon de démocratie.

    Encore une fois on peut développer un réseau quelque soit les normes d’émission, ce n’est qu’une question de temps et d’argent.

  2. C’est peut être une question de temps et d’argent mais qui paiera la facture au final? Nous tout simplement!

  3. Il faut savoir vivre avec sont temps , la Suisse ne peut pas ce permettre d’être en retard , par rapport aux autres pays, lon n’est pas le pays le plus compétitif au monde grâce « au Saint esprit « 

  4. Ne vous inquiétez pas, vous allez payer la même chose dans tous les cas, la différence, elle, ira dans la poche des actionnaires.

  5. Des antennes avec des limites d’émission plus élevées encore une fois ne permettent que de construire un réseau de manière plus économique mais pas forcément un meilleur réseau.

    On peut faire un parallèle avec un réseau Wi-Fi reposant sur un seul routeur ou un réseau Wi-Fi utilisant plusieurs points d’accès moins puissants: dans le premier cas, le réseau fonctionnera à peu près, avec des pièces plus ou moins bien couvertes, dans le second cas la couverture sera bien plus homogène et le réseau globalement plus rapide et avec plus de capacité.

    La première variante est plus économique pour les opérateurs, avec une grosse antenne qui émet dix fois plus fort, on a une porté trois fois supérieure mais votre téléphone devra lui aussi émettre beaucoup plus fort lorsqu’il se trouvera loin de l’antenne = une augmentation du rayonnement pour vous et une diminution d’autonomie. Par ailleurs le moindre obstacle (dans un bâtiment) à la limite de la portée de votre appareil vous coupera du réseau ce qui ne serait pas le cas avec plus d’antennes moins puissantes mais mieux réparties.

  6. Si c’est pour payer la même chose pourquoi vouloir retarder le déploiement de la 5G de plusieurs années?!?

    Vous savez le temps que prend la construction d’un site avec les oppositions, etc?

    Quant à vos théories sur le déploiement du réseau lol lol lol

  7. Il n’y a pas besoin de construire de nouveaux sites, il suffit de réutiliser les sites existants…

    C’est tout de même étonnant que pour la 3G, la 4G alors qu’à chaque fois les normes d’émission sont coupables de retarder le déploiement, le réseau ait été déployé avant l’arrivée sur le marché d’appareils compatibles…

    Je serais d’ailleurs ravi que vous me fassiez part de vos arguments par rapport à « ma théorie » puisque visiblement vous avez de meilleures compétences que moi.

  8. Pas besoin d’aller chercher loin! Dire que qu’il suffit de réutiliser les site existants alors que justement ces sites sont déjà aux maximum possible selon les norme actuelles….

  9. @Jean Monnet

    Le déploiement de la 3G n’a jamais posé problème vu que les limites n’étaient à l’époque de loin pas atteintes avec le GSM. Celui de la 4G s’est fait en grande partie sur des sites existants grâce à la réduction de capacité sur la 2G. Ce n’est pas possible de le faire pour la 5G; le quota de rayonnement de près de 90% des stations de base des zones urbaines est déjà aujourd’hui épuisé.

    De très bonnes explications sur cette problématique par Philippe Horisberger, directeur suppléant de l’OFCOM à On en Parle sur La Première ce matin:

    https://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/on-en-parle/02-03-2018#9339782

  10. Et bientôt, rouler dans sa voiture sans sa carte SIM sera interdit…

    J’aimerais savoir dans quelle circonstance une opération chirurgicale ne serait pas possible avec une connexion fixe. Il faut un équipement très particulier des deux côtés, sans parler de la chambre stérile… qu’elle est la pertinence d’une connexion mobile dans cette histoire ?

    Il y a bien quelques ambulances spéciales AVC en Allemagne qui utilisent l’expertise et les analyses à distance… et cela sans 5G. Faisons les choses dans l’ordre, voulez-vous ?

  11. Espérons que nos super politiciens réfléchissent un peu!

    Vraiment débile de faire construire des tonnes d’antennes en plus au lieu de mieux utiliser celles qu’on a déjà.

    Si il y avait vraiment un problème de santé, il devrait y avoir 10 fois plus de cancer en Europe qu’en Suisse vu que nos normes sont 10 fois plus sévères!

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