Salt se dit prêt à relever tous les défis

Opération séduction chez Salt cette semaine, le CEO Andreas Schönenberger et le CTO Eric Wolff rencontraient les médias des deux côtés de la Sarine pour parler business et technique.

Il faut dire que depuis que Orange est devenu Salt au printemps 2015 il y a eu énormément de changements. Si lors du remplacement du nom, Salt se présentait comme un opérateur plutôt select, les choses ont vite évolué vers une très grande agressivité côtés tarifs. Et si au départ des offres telles que de l’illimité pour 29 francs par mois étaient présentées par les initiés (moi le premier) comme une fuite en avant très provisoire pour gagner un maximum de clients pour mieux revendre rapidement l’entreprise au plus vite, force est de constater que les promotions de Salt perdurent et le succès est au rendez-vous. En 2016 le numéro trois gagnait 52’000 abonnés contre une perte de 4000 un an auparavant; c’est beaucoup moins que Sunrise mais légèrement plus que Swisscom.

Pour pouvoir proposer de tels prix, les nouveaux dirigeants de Salt ont réduit la voilure et les coûts au maximum avec plusieurs restructurations et réductions de personnel. Là aussi, on a entendu de toutes parts (encore une fois de mon côté aussi) que ce ne serait pas possible à moyen terme, qu’automatiquement le réseau et le service en pâtiraient, etc. Pourtant, côté qualité du réseau, il n’y a pas aujourd’hui de grandes différences avec ceux de Swisscom et de Sunrise. Si dans les classements Salt se retrouve souvent un peu en retrait des deux autres cela n’affecte guère le consommateur dans son utilisation quotidienne. Le nombre de millisecondes pour établir un appel ou ouvrir une vidéo ne change pas grand chose, et c’est la même chose pour quelques Mbps de plus ou de moins pour surfer.

Salt est là pour durer
L’objectif des dirigeants de la filiale de Xavier Niel est aujourd’hui de montrer que Salt est là pour durer et pour continuer à offrir aux Suisses les meilleurs prix pour la meilleure expérience possible. Côté mobile, le plus grand défi que ce soit pour Salt ou pour ses concurrents, reste l’augmentation toujours plus grande des besoins en bande passante dans un cadre règlementaire bien souvent aux limites de ses possibilités. Le CTO Eric Wolff a par exemple montré dans sa présentation le cas de la ville de Zürich où certaines zones ne sont pas couvertes en 4G par Salt alors même que l’opérateur dispose de suffisamment d’antennes à proximité; simplement il s’agit de secteurs où les valeurs limites hyper restrictives (10 fois inférieures à celles des pays qui nous entourent) sont déjà atteintes. Côté réseau, une des priorité de Salt est aujourd’hui le déploiement de basses fréquences qui permettent une meilleure pénétration dans les bâtiments.

Réseau fixe en ligne de mire
A l’heure de la convergence et où il n’y aura bientôt plus de différence entre le fixe et le mobile, les stratèges de Salt savent bien que sans présence sur le réseau fixe il n’y a aucun avenir. Pour percer dans ce domaine cette année encore, Salt semble miser avant tout sur la fibre optique (présenté comme le seul réseau d’avenir) avec des partenariats avec les entreprises électriques et Swiss Fiber Net. En théorie, l’idée n’est peut-être pas mauvaise puisque l’on part du principe que les zones denses sont fibrées et ailleurs le réseau mobile et la 4G est en mesure de se substituer au réseau fixe. En pratique, les choses sont à mon avis différentes; ce n’est d’ailleurs certainement pas un hasard si au départ Sunrise pensait également pouvoir se développer sur le fixe qu’au travers du FTTH avant de changer son fusil d’épaule et de signer un partenariat avec Swisscom technologiquement transparent. Côté fixe, il faudra voir également ce que Salt sera en mesure de proposer au niveau télévisuel; si de ce côté-ci de la Sarine cela ne devrait pas poser trop de problèmes, ce sera certainement plus compliqué en Suisse Alémanique.

Quoi qu’il en soit, si en téléphonie mobile la guerre est aujourd’hui totale entre Swisscom, Sunrise et Salt, c’est en grande partie grâce aux prix pratiqués par ce dernier. Et ce même si peut-être la semaine dernière, avec sa nouvelle offre Wingo, Swisscom a sonné la fin de la récréation. Et quant au réseau fixe, si Salt arrive là aussi à venir y mettre son grain de sel, ce ne sera que bénéfique pour le consommateur. Tout cela s’annonce captivant.

© pascal martin, lausanne

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3 commentaires

  1. Une ville comme Yverdon les Bains peut proposer à Salt l’accès à son réseau FTTH construit en partenariat avec Swisscom, mais ces partenariats sont peu nombreux et Swisscom a tendance à vouloir les casser (ex fribourg).

    Donc ce n’est pas avec cela que Salt va « cartonner » sur le fixe pour fournir TV et internet.

    Salt devra passer par Swisscom comme Sunrise pour louer l’usage du last mile …

  2. Salt est étonnante. Donnée pour mourante il y a peu, c’est devenu à la fois mon unique fournisseur mobile pour toute la famille, mais aussi mon FAI pour la maison et pro.

    Avec Salt, il faut savoir profiter des offres et idéalement payer son smartphone de sa poche. Cela permet ainsi d’avoir pu profiter un abonnement Swiss Plus (avec roaming) pour 29.-/mois pendant deux ans. Si on ajoute 10.-/mois, on reçoit une seconde carte SIM avec du data illimité. Du vrai, 100% illimité. Pour ma part, cette carte SIM est dans un modem 4G fixe et me permet, dans mon coin de campagne, d’avoir une connexion à Internet permanente avec un débit de 20 à 30 Mbps, contre 5 Mbps pour l’ADSL de Swisscom. Pour 10.-…

    Plus intéressant: Salt relocalise son service technique. Si le call center semble toujours à l’étranger et pas au courant des différents abonnements et offres, le service facturation, lui, est parfaitement au courant des dossiers et les suit.

  3. Il faut vraiment qu’ils règlent le problème des antennes saturées parce que surfer à 2mb/s en 4G, c’est un peu frustrant…

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