Salt menace de quitter la Suisse!

Ca chauffe pas mal chez Salt depuis quelques jours, plus précisément depuis le 16 novembre, date de la publication des chiffres au 30 septembre. Si comme lors des derniers trimestres l’opérateur perd du chiffre d’affaire (-8% pour les neuf premiers mois de l’année) c’est surtout la stratégie de l’entreprise qui interpelle. La NZZ dévoilait que Xavier Niel, son propriétaire s’était octroyé cette année sous forme de dividende, pas moins de 500 millions de francs alors même que l’endettement de Salt est déjà très important. De plus, alors que Salt va bientôt entrer sur le marché de fixe on constate que les effectifs diminuent trimestre après trimestre de quelques dizaines de postes à plein temps.

Quelques jours plus tard, Anouch Seydtaghia du journal Le Temps, demandait des explications à Olivier Rosenfeld, le bras droit de Xaviel Niel: selon lui tout est normal et tout va très bien. Il affirme également que contrairement à ce qui a été écrit dans les médias, Salt n’a jamais demandé un report de la mise aux enchères des licences 5G mais simplement des règles claires et équitables.

Et voici que ce week-end c’est le CEO Andreas Schönenberger qui monte au créneau d’abord dans Le Temps puis dans la NZZ am Sonntag pour revenir sur le problème de l’octroi des licences 5G affirmant par exemple: « Il est exclu qu’il y ait un système d’enchères pour les 700 MHz ». Si dans Le Temps il estime que le problème pourrait conduire à la perte d’un opérateur en Suisse, le dimanche il affirme même qu’il pourrait être tout à fait possible que Salt quitte la Suisse alors même que paradoxalement dans le même article le CEO répète que Salt est très profitable et le sera encore ces prochaines années.

Stratégie quelque peu étonnante
Toute cette effervescence pose pas mal de questions. Au sujet des licences d’abord, les menaces de Salt sont assez étonnantes puisqu’en 2012 c’était justement Orange (ex Salt) qui était sorti grand gagnant de la mise aux enchères des licences 4G puisque la filiale de France Telecom n’avait déboursé « que » 155 millions contre 360 pour Swisscom et tenez-vous bien 482 pour Sunrise. La stratégie de Salt est aussi quelque peu surprenante; par exemple, pourquoi vouloir à tout prix réduire les coûts et augmenter les dividendes de son propriétaire au moment même d’envisager une entrée sur le réseau fixe? Il en va de même au sujet des prix proposés: la vente continuelle d’abonnements mobiles à prix cassés est-elle compatible avec une entrée sur le réseau fixe alors que c’est justement sur le mobile que Sunrise et Swisscom font le plus de marge?

Salt a clairement dynamisé le marché ces dernières années
Quoi qu’il en soit, la dernière fois qu’un opérateur (France Telecom) a menacé de quitter la Suisse, il a mis ses menaces à exécution. Si cela devait arriver cette fois, ce serait vraiment dommageable pour le marché suisse et les consommateurs. Au niveau prix, c’est clairement Salt qui a dynamisé le marché ces dernières années; le marché du mobile n’a jamais été aussi concurrentiel qu’actuellement, on le constate encore ces jours avec le lancement par Swisscom de Simply Mobile.

Et force est de constater que la stratégie actuelle de Sunrise donne raison à 100% à tous ceux qui contrairement à moi étaient en 2010, lors du refus du rachat de Sunrise par France Telecom, persuadés que la disparition d’un réseau serait néfaste pour notre pays.

© pascal martin

Billets similaires:


/*

8 commentaires

  1. L’histoire se répète… Il y a eu Carrefour, Darty, FT Orange, etc., et maintenant Salt. Les français pensent pouvoir arriver en Helvétie imposer leur stratégie à la gauloise, devenir No 1 de leur secteur et qu’en sus on les remercie d’être venu. Et bien, ça ne fonctionne pas comme ça. Dans le cas de Salt, rien ne sert de casser les prix si le réseau et le service client sont chroniquement déficients. On s’attendait à ce que Free à la sauce suisse fasse surchauffer la concurrence… pas que le milliardaire s’en mette plein les poches et puis s’en aille.

  2. Je vois le truc venir gros comme une maison

    Il va s’envoyer le maximum de dividendes possibles tant que ça met pas la société en peril…

    S’introduire sur le marché fixe, acheter pour quelques centaines de millions une licence 5G et ensuite vendra la société 3milliards en s’étant mis un bon gros pactol dans la poche entre temps.

    Au final la seule chose qu’il aura fait c’est :
    -Mettre des suisses au chomage
    -Faire des investissements en France dans le labo de developpement qui lui appartient sur le dos de Salt
    -Se verser des milliards en dividandes

    Et personne ne trouvera rien a redire la dessus…. c’est beau comme manière de proceder

  3. Hmm c’est depuis toujours comme cela… Les français viennent traire les vaches suisses que nous sommes et après ils partent… En plus nos élus leur offre 1 milliard et des brouette, juste pour entente de bon voisinage… Bref…

  4. Si Salt part et laisse sa place à un grand opérateur tels que Vodafone, ce ne serait pas une mauvaise nouvelle pour les consommateurs.

    En outre, les français n’ont pas compris que le marché suisse et le marché français sont différents. En France, ils recherchent des prix bas quitte à vende de la m.. au niveau qualité. En Suisse, on recherche de la qualité même s’il faut y mettre le prix.

  5. Perso, je recherche le prix avant tout et ne pense pas être le seul. Le succès de Lidl montre d’ailleurs qu’il y a une demande pour des prix bas. Tout le monde n’est pas riche en Suisse.

  6. @Yannick : post HS, mais le milliard et 300 millions, c’est pour les pays de l’Est, pas pour la France 😉

  7. Personnellement, moi je recherche avant tout le meilleur rapport qualité/prix !

    La mauvaise qualité ne m’intéresse pas mais je ne suis pas non plus d’accord de payer des prix surfaits pour de bons services. Je pars du principe qu’il faut payer des prix corrects et qui correspondent à la qualité du service. Le bon marché est parfois trop cher en vue de la qualité obtenue et le très cher n’est pas forcément le meilleur à tous les coups…

    Pour les petits budgets qui ont des besoins modérés et qui recherchent tout de même un bon réseau, il y a des solutions très correctes en « Prepaid » chez « Sunrise ». Par exemple « Sunrise Prepaid airbag » à 0.-/mois combiné à l’option « Sunrise Prepaid budget 10 » ou « Sunrise Prepaid budget 15 ». Cela revient donc à opter pour une solution qui financièrement correspondrait à un abonnement de 10.- ou 15.- par mois avec des appels, SMS et Mo inclus ! Et étant donné que le produit « Sunrise Prepaid airbag » est très compétitif pour les appels (maxi 60ct l’appel) et le surf (CHF 1.20/jour en illimité), en cas d’épuisement de ce qui est inclus dans option choisie (budget 10 ou 15) on n’a pas non plus de grosses surprises !

    Personnellement, j’encourage les personnes n’ayant pas des besoin de malades à réfléchir à 2 fois avant de prendre un abonnement, certaines offres en Prepaid combinées aux options sont très intéressantes surtout que de nos jour le Wi-Fi étant monnaie courante à la maison, il prend tout simplement la relève chez soi pour la connexion data !

    En ce qui me concerne, à la maison on tourne avec un budget pour le mobile de 120.-/année et par appareil sans pour autant se priver de quoi que ce soit !
    Je dirai que l’important c’est surtout de prendre un produit (Abonnement ou Prepaid) correspondant aux besoins réels de chacun ! Inutile le « tout illimité » pour faire essentiellement du Whatsapp…!!!

  8. Merci pour les news ! J’ai l’impression qu’il y a un certain « Salt »-Bashing (mais c’est peut-être similaire chez Swisscom/Sunrise?), par exemple sous tout article de journal ou même de posts sponsorisés p.ex. sur facebook : tout le monde semble se plaindre du réseau, des problèmes de factures, etc. Peut-être que tous les clients satisfaits ne se manifestent simplement pas ?

    C’est mon cas depuis 2001, et mes 3 derniers contacts avec le support cette année ont été résolus en 3 minutes chrono à chaque fois et sans devoir attendre après avoir composé le numéro (même en heure de pointe), c’était surprenant par rapport à mes expériences il y a quelques années (attentes musicales…) 🙂 En gros c’était pour contester des connexions 4G fantômes sous IOS (data déactivé à l’étranger, mais 300kB de Data facturés par jour), désactiver une ancienne carte sim data gratuite qui avait commencé à être facturée, et pour bloquer définitivement le data à l’étranger: remboursements rapides et sans histoire (déduits de la facture suivante) dans les deux premiers cas.

    Quant à la couverture, c’est clair qu’en déplacement dans la pampa (p.ex. en cours de répétition) il fallait quand même avoir une clé 3G avec swisscom dans certains cas, mais il me semble que ça s’est amélioré petit à petit même en Valais ou au fin fond du Jura 🙂 Aucun souci en ville, et un Genève-Zurich n’est plus un problème non plus, à part dans certains tunnels.

    A suivre ! Je suis curieux de voir s’il y aura quelque chose avec Salt+UPC, avec un rachat des deux par Vodafone ou autre, vu que Niel semble ne plus s’intéresser à notre marché…

Répondre

Créez en moins d'une minute votre avatar personnel sur gravatar.com.

You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*


 

Traduction

Archives