Mobile: La Suisse va-t-elle rater le train de la 5G?

La presse dominicale mettait en avant il y a quelques jours que Swisscom, Sunrise et Salt n’étaient pas d’accord au sujet de la prochaine attribution des licences 4G. Si le géant bleu verrait d’un bon oeil une mise aux enchères dès le printemps prochain, Sunrise et Salt estiment de leur côté qu’il faut attendre que le cadre réglementaire soit adapté à la 5G; comprenez par là que les valeurs limites soient augmentées.

Il faut dire que des très nombreux endroits sont aujourd’hui déjà au maximum des valeurs limites définies par l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI); normes qui sont dix fois plus sévères que dans les pays qui nous entourent. Si le déploiement de la 4G a pu en grande partie être effectué en désactivant des sites 2G, ce ne sera plus le cas pour la 5G.

Une mise aux enchères rapide néfaste pour le consommateur
Alors que la guerre des prix fait rage aujourd’hui dans le mobile, on peut comprendre la position de Swisscom. En anticipant le paiement par les opérateurs de centaines de millions de francs pour l’achat de fréquences qui ne seront utilisables au plus tôt que dans deux à trois ans, le géant bleu diminue grandement la pression sur les prix à court terme. Mais malheureusement, si les fréquences sont effectivement mises aux enchères l’an prochain cela aura un impact négatif certain pour le consommateur.

Blocage politique
Au delà des bisbilles entre opérateurs, le déploiement de la 5G se heurtera avant tout à un problème technique. En effet, rien ne semble bouger depuis le refus surprise l’an dernier par le Conseil des Etats de la motion 16.3007 de la Commission des Transports et des Télécommunications du Conseil national qui proposait d’augmenter les valeurs limites de l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI). Et les réponses du Conseil fédéral aux dernières questions de parlementaires ne sont pas forcément rassurantes puisqu’elles disent en gros que le déploiement de la 5G sera plus long et plus cher en Suisse que dans les pays voisins. 🙂

Il faut dire que Doris Leuthard est plutôt mal prise sur ce dossier puisque lors du non de la motion 16.3007 par le Conseil des Etats, certains sénateurs ont fait remarquer qu’ils ne comprenaient pas pourquoi ils devaient se prononcer sur cette question puisque le Conseil fédéral peut directement adapter une telle ordonnance… Mais on voit mal le Conseil fédéral le faire juste après avoir posé la question et obtenu un refus.

On espère cependant avoir des réponses plus précises sur la stratégie de notre pays bientôt puisque la socialiste Suzanne Leuteneger-Obherholzer pose 8 questions très très précises dans une interpellation; elle y demande même l’avis du Conseil fédéral sur l’idée consistant à confier la gestion des réseaux à une société nationale. A suivre!

© pascal martin

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1 commentaire

  1. Pour moi ça sonne plutôt comme du pur lobbying des opérateurs pour pouvoir obtenir ce qu’ils veulent depuis des années: pouvoir développer leur réseau à moindre coût, on nous la ressorti à chaque nouvelle technologie.

    Certes c’est vrai que lors du passage du 2G/3G/4G on a eu la possibilité de désactiver la 2G pour rester dans les clous. Mais bon d’ici l’avènement de la 5G, disons vers 2025, il sera aussi possible de désactiver en partie la 4G (étant donné que la 4G opère simultanément sur plusieurs fréquences). Ce qui diminuera la capacité 4G sans pour autant la couper et en libérant de le puissance pour progressivement ouvrir des fréquences en 5G.

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