Swisscom, Sunrise, Salt: malgré tout les choses bougent!

Lorsque l’on parle de téléphonie mobile, on a tendance à dire que la concurrence ne fonctionne pas puisque la répartition des parts de marché entre Swisscom, Sunrise et Salt est plus ou moins identique depuis le début des années 2000.

Pourtant si l’on regarde les chiffres de ces deux dernières années, on constate que ce n’est pas le cas; bien au contraire. Il suffit d’ailleurs de regarder les deux graphiques ci-dessous. Si celui de la répartition des parts de marché reste effectivement plus ou moins figé depuis près de 15 ans, il en est tout autrement pour celui qui prend en compte la répartition des nouveaux abonnés entre 2013 et 2015. On constate également que pour la première fois le nombre de cartes SIM est en baisse; cela provient en grande partie de la perte de l’intérêt du prepay concurrencé par des abonnements illimités disponibles à partir de 19 francs par mois.

Durant cette période, Swisscom a gagné 270’000 abonnés: cela représente une augmentation de 6,38%. De son côté, Sunrise est l’opérateur qui progresse le plus avec une augmentation d’abonnés de 11,29% (+142’000) alors que de son côté Salt progresse de 22’000 abonnés (+1,95%). Comme on le voit dans le graphique, Swisscom a gagné 62,21% des nouveaux clients, Sunrise 32,72% et Salt 5,07%. Avec ces chiffres on constate que c’est surtout Sunrise qui profite de la descente aux enfers de Salt.

Comment interpréter ces chiffres?
On constate une fois encore que la bataille se situe surtout entre les deux opérateurs alternatifs alors que de son côté Swisscom semble naviguer sur un fleuve tranquille. Souvenez-vous, en 2010 déjà lorsque France Telecom voulait racheter Sunrise les pro fusions justifiaient l’acquisition du fait que le but était de pouvoir se battre contre Swisscom et pas entre opérateurs alternatifs. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’un client, après avoir passé de Orange à Sunrise avant de repartir chez Salt finisse un jour ou l’autre chez Swisscom… La situation pourrait donc être pire puisque ce n’est pas le géant bleu qui récupère actuellement la majorité des clients qui tournent le dos à Salt.

En ce qui concerne l’hémorragie chez Salt, elle semble s’expliquer par plusieurs raisons. On a beaucoup parlé des problèmes informatiques et de facturation; pourtant ces problèmes n’ont de loin pas touché l’ensemble des clients. Certainement que l’abandon de la marque Orange joue un rôle également: Orange est une marque connue et très émotionnelle; Orange était plus qu’un opérateur, presque un état d’esprit. Difficile voire impossible de transférer ça vers une nouvelle marque.

A mon avis, le plus grand handicap de Salt vient avant tout de son impossibilité de pouvoir proposer des offres groupées fixe, mobile, TV… C’est surtout avec ces packs que les opérateurs font leur marge et attirent les nouveaux clients au travers de prix attractifs et autres rabais. Et même si le mobile reste aujourd’hui encore de loin le segment de plus rentable, le risque de voir des clients partir à la concurrence pour profiter d’une offre combinée est grand. UPC l’a d’ailleurs bien compris en se lançant également dans le mobile et il ne fait presque aucun doute que bientôt, tous les téléréseaux proposeront eux aussi de la téléphonie mobile. Pour Salt les choses sont plus compliquées puisque techniquement, sans réseau fixe un réseau mobile n’a aucune valeur et les opérateurs telecoms disposant de leur propre réseau (Swisscom et Sunrise) n’ont guère d’intérêt à proposer des lignes fixes à prix attractifs à un concurrent.

Mais résumons: Salt a absolument besoin d’un réseau fixe et les téléréseaux de leur côté doivent pouvoir proposer du mobile… il devrait y avoir moyen de s’entendre, non?

© pascal martin

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13 commentaires

  1. Les cablos mis à part UPC sont devant un mur pour concrétiser une offre incluant la téléphonie mobile !

    Avec Swisscom c’est tout simplement inconcevable, c’est la guerre ouverte !
    Avec Sunrise même topo !

    Peut-être avec Salt, cependant ce dernier collaborant déjà avec UPC, rien n’indique que Salt fasse ami ami avec d’autres cablos !

    Il est fort probable que les cablos comme Netplus ou citycable n’arrive pas à proposer la téléphonie mobile à leur clientèle !

    Et c’est peut être tres bien ainsi !

    Mettre tout ses œufs dans le même panier cela n’est pas toujours l’idéal !

    A force de fusion, dans quelques années la consommation « unique » sera en place, comme dans les pays de l’est avant la chute du mur !

  2. J’adore vos commentaires et surtout vos ! à chaque fin de phrase 🙂

    Je vais quand même préciser quelques points mais avec plus de ? que de !

    – Il n’y a pas si longtemps j’ai assisté à une séance destinées aux cablos où Swisscom, Sunrise et Orange étaient là pour présenter leur offre wholesale…

    – Pourquoi Sunrise qui collabore avec Quickline refuserait de travailler avec d’autres câblos ou MVNO?

    – Un câblo ou n’importe qui d’autre qui désirerait devenir MVNO ne trouve pas d’accord avec au moins un opérateur mobile il lui suffit d’aller trouver la COMCOM. Mais comme les opérateurs ne veulent surtout pas que l’accès des MVNO soit réglementé un accord sera de toute façon trouvé avant l’intervention de la COMCOM ou de la COMCO

    – Pourquoi Salt ne serait pas intéressé à fournir d’autres MVNO en plus d’UPC?

    – Vous pensez que pour proposer son réseau mobile dans les zones où il n’est pas présent UPC utilise le réseau fixe de qui?

  3. Votre dernière phrase … ? incompréhensible …

    UPC Mobile utilise le réseau mobile de Salt, comme Coop Mobile, donc je ne comprends pas ce que vous tentez d’expliquer avec le réseau fixe de qui ? …

    Et si c’était si simple, Netplus et Citycable proposeraient déjà des offres mobiles à leur clientèle…

  4. Il n’y a aucun rapport entre Coop Mobile qui est n’a ni réseau ni infrastructure et UPC qui utilise entièrement son propre réseau et utilise uniquement les antennes de Salt…

  5. Le client il ne sait pas cela, pour lui UPC Mobile ou Coop Mobile c’est la couverture radio de Salt, ce qu’il y a avant les antennes il s’en moque.

    Nous verront bien si prochainement un ou des cablos suisses proposent des abonnements en téléphonie mobile, cependant j’en doute fort, ces derniers ayant déjà fort à faire avec leur activités actuelles …

    En Romandie, Netplus et Citycable doivent fusionner, car pour conclure des contracts en Pay TV et autres comme la tél mobile…, plus on est gros, mieux c’est.

    Rester en l’état actuel ne leur permettra pas de faire face au bulldozer Swisscom, sans l’accès au sport avec Téléclub les clients fans de foot, hockey et … rejoindront Swisscom TV petit à petit.

  6. Quand on parle des chiffres Swisscom, cela comprend-t-il les clients amenés par Lycamobile?

  7. Bonjour. Je ne suis pas sûr, je vais me renseigner.

  8. @JM,
    Ca me fait toujours sourire quand je lit encore que l’ouverture de l’offre sportive ferait exploser les ventes des autres opérateurs.

    Même si je comprend très bien votre frustration :

    – Premièrement se ne sera jamais le cas, car cette exclusivité profite, dans un premier temps, aux clubs et associations sportives, car elle fait monter les enchères des droits TV.

    – Deuxièmement, en étant super optimiste et comptant qu’il y a environ 8000 spectateur par club de hockey et de Super League, prêt à dépenser de l’argent pour de la VoD de match et sans regrouper les ménages entre eux, cela représenterait un volume de 176’000 personnes, soit que 2.2% de la population Suisse…

  9. Effectivement, la plupart des clients pour qui l’offre sportive est déterminante sont déjà aujourd’hui chez Swisscom.

  10. Nous verrons bien dans quelques années ce qu’il se produira lorsque tout le sport à la TV aura migré dans la pay TV, comme c’est quasiment le cas aux USA sauf exceptions !

    Si teleclub et Swisscom continuent sur leur lancée et arrivent à tout capter dans leur escarcelle, je ne donne pas cher de la survie des cablos opérateur de ce pays, et ce n’est pas avec leur société faîtière « fantomatique » qu’ils vont se dépatouiller … À suivre.

  11. @Jean-Marc : arrêtez de « mettre tous les œufs dans le même panier », comme vous dites si bien… Cela fait des années que dans tous nos pays voisins, voir quasiment tous ceux d’Europe et les USA, les grands événements sportifs (coupe du monde de foot et des principaux autres sports, comme les grands chelems de tennis par exemple) et les championnats nationaux des principaux sports ne sont plus retransmis sur les chaînes publiques et gratuites, mais sur des chaînes à abonnement telles Canal+ ou BeIn ou autres Sky… Ce n’est pas comme si ça venait d’arriver hier aux USA uniquement.
    Cependant, en Suisse nous sommes une exception en ce qui concerne les grands événements sportifs. Ce n’est pas la RTS qui achète les droits, mais la SSR. Notre trilinguisme nous avantage. Et si Teleclub a bel et bien pris la majorité des droits TV pour les championnats nationaux de foot (4 des 5 rencontres hebdomadaires) et de hockey (tous les matchs hors play-off) – ces droits sont d’ailleurs en cours de nouvelles négociations -, il n’y a aucune raison pour que la SSR lâche des événements internationaux comme l’Euro, Roland-Garros ou le CM de hockey. Le manque de concurrence (pas de télé à abonnement type Canal+ en Suisse, uniquement Teleclub pour les achats à l’unité) dû à la petite taille de notre pays nous préserve et nous offre du sport gratuit ; une exception suisse. Oui, nous avons de la chance.

  12. @yop, prochainement le peuple devra voter sur la fin de la taxe Billag, que cette initiative soit acceptée ou refusée, la SSR devra faire des grosses économies, et le sport sera touché comme tous les autres départements.

    Donc cela sera les privés qui pendront le relais, et pour le moment vu la complexité de la suisse (politique, linguistique, ect ..), il n’y a que Téléclub qui peut y arriver !

    Donc on verra bien, mais les cablos ne peuvent pas continuer dans leur forme actuelle, ils doivent évoluer et fusionner.

  13. Oui, la SSR doit déjà faire des économies depuis peu. Pour le moment, du côté de la RTS, elle a « taillé » dans les émissions (notamment religieuses, d’où le débat qu’on a récemment connu). Mais il est vrai qu’elle risque de devoir encore davantage économiser et que le sport pourrait bien être touché. Croisons les doigts pour qu’elle s’en prenne à des sports peu intéressants et qui coûtent une fortune par rapport à leur audience (comme la F1 par exemple) plutôt qu’aux grands événements sportifs. Je persiste cependant à croire que ce n’est pas demain qu’on ne verra plus l’Euro, RF ou la Coupe du Monde de foot sur la RTS.

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