FTTH Genève: Le nouveau patron des SIG sera-t-il plus éclairé?

La récente démission du patron des Services Industriels de Genève (SIG) André Hurter en raison d’investissements à risques dans l’éolien pose également des questions sur la stratégie des SIG sur le déploiement de la fibre optique à Genève.

Avec la statégie menée jusqu’à présent par les SIG il n’y a absolument aucun espoir d’imaginer rentabiliser un jour les dizaines de millions investis pour le déploiement de la fibre optique à Genève. Comme on l’a déjà répété de très nombreuses fois, deux conditions sont primoridales pour que les investissements des entreprises électriques soient rentables. D’abord il faut s’assurer l’utilisation du réseau par un acteur d’envergure nationale et puissant (vu la situation du marché suisse, il ne reste plus que Sunrise); deuxièmement, l’entreprise électrique doit utiliser à son avantage la relation de proximité qu’elle entretient avec ses clients (électricité, eau, gaz) et proposer également au travers d’une co-entreprise les services de télécommunications. C’est exactement ce que font les entreprises électriques fribourgeoises (Groupe E, Gruyère Energie et IB-Murten) au travers de net+ Fribourg. En proposant ses services sur différentes technologies de communication (téléréseau, fibre optique et DSL) net+ Fribourg est disponible déjà maintenant pour plus de 90% des Fribourgeois.

Jusqu’à présent les SIG ont fait tout le contraire et ne font rien d’autre que payer le déploiement de la fibre optique pour permettre à Swisscom de raccorder plus rapidement ses clients sur le réseau FTTH. Avec la stratégie mise en place par les SIG il ne fait aucun doute que plus du 90% des prises actives le sont aujourd’hui chez Swisscom. Cette situation est d’autant plus dangereuse pour les SIG que les clients Sunrise TV passent aujourd’hui eux aussi par le réseau Swisscom et que le géant bleu va tout faire pour conserver Sunrise sur son réseau, y compris sur la fibre.

Moment opportun avec la vente de naxoo
On peut même dire que la situation actuelle serait assez propice pour un changement de stratégie des SIG. En créant une co-entreprise sur le modèle de celle lancée par les Fribourgeois, les Genevois pourraient non seulement utiliser une partie de l’argent encaissé par la vente de naxoo à UPC-Cablecom mais en plus profiter du savoir faire des collaborateurs de naxoo aujourd’hui laissés sur le bord de la route.

Pour que les Genevois ne deviennent pas les plus grands sponsors de Swisscom, il ne reste plus qu’à espérer que le nouveau patron des SIG soit un peu plus éclairé que André Hurter!

© pascal martin

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8 commentaires

  1. Une question qui n’a rien à voir avec l’article :

    http://www.24heures.ch/vaud-regions/nord-vaudois-broye/villages-vaudois–veulent-plier-swisscom/story/27121024

    Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux leur conseiller de s’équiper par eux-mêmes, avec un réseau sans-fil, comme l’ont déjà fait certains villages reculés en France ?

  2. Ces communes ont raison, elles doivent s’unir et agir au niveau politique.

    La taxe d’abonnement décidée par le Conseil fédéral (CHF 25,35) est là pour garantir le couverture nationale du réseau Swisscom. Aujourd’hui Swisscom fait payer aux collectivités dans certaines communes pour déployer des technologies totalement dépassées sur le cuivre alors qu’en même temps swisscom pose sa fibre optique jusqu’au salon 100% gratuitement à des gens qui sont déjà fibré et qui n^’en veulent pas.

    Même si l’attitude de Swisscom est plus que pitoyable c’est avant tout une question politique.

  3. 100Mbit/s à 750m de cuivre/FTTC avec la vectorisation + diagnostic de la ligne inclus en VDSL2
    je trouve pas cela dépassé. De quoi tenir jusqu’en 2020 avec 500Mbit/s de prévu donc centrale amortie.

    FTTH C’est pas qu’il en veulent pas, c’est que certains ne savent pas à quoi cela peux leur servir,
    pour eux, téléphone = cable téléphone (cuivre),
    ils comprennent pas comment pouvoir appeler avec la fibre optique qui doit être alimenté séparément et branché au modem (appareil supplémentaire en passant par le modem)
    le FTTC/FTTS/FTTB permettra d’éviter à ces gens là d’être perturbé dans leur habitudes tout en ayant un accès internet très rapide jusqu’à 500Mbit/s par la ligne de téléphone « classique » sur courte distance.

  4. Avec une ligne cuivre de 750 mètres, il n’est possible d’atteindre 500 MBit/s, il ne faut pas trop rêver tout de même « redge » !

    Déjà 100 MBit/s sur 750 m en VDSL2 vectorisé je demande à voir !

    Plus concrètement la vectorisation du VDSL2 permet de doubler le débit actuel, donc celui qui à un profil à 20 MBit/s actuellement aura 40 une fois sa ligne vectorisée, et cela ne va pas se faire d’un coup de click de souris pour toute la Suisse, cela prendre du temps … Swisscom ne le dit pas, comme d’habitude !

    500 Mbit/s cela sera possible avec la fibre qui arrive dans la cave de l’immeuble ou au bout de la rue (si cette dernière ne fait pas des centaines de mètres tout de même) et que la boucle cuivre ne dépasse pas les 100 mètres.

    De toute manière tous les opérateurs présent sur le terrain ne vont pas conserver une double infrastructure cuivre et fibre.
    Une fois que la fibre sera aux pieds des immeubles, il faudra bien trouver des solutions pour les propriétaires qui refuseront de moderniser (et de payer) le re-câblage interne (vertical et horizontal) de leurs immeubles, et des proprios comme cela, c’est très courant !

    J’imagine que le même genre de hardware que les cablos utilisent déjà pour fabriquer de la HF coaxial à partir de fibre optique cela doit aussi exister pour fabriquer un signal POTS cuivre.

  5. Les SIG n’ont rien à voir avec Naxoo. Les SIG appartiennent au Canton de Genève et aux 45 communes genevoise. Naxoo appartient à 51% à la ville de Genève et à 49% à UPC Cablecom. Dès lors lorsque vous dite utiliser l’argent de la vente de Naxoo pour créer une coentreprise c’est mal connaitre la spécificité de ces entreprises. Les propriétaire ne sont pas les mêmes, il donc impossible d’utiliser l’argent de Naxoo aux SIG.

    Mais bon ce qui serait possible, c’est hypothétiquement de vendre les 51% que la ville possède de Naxoo aux SIG pour créer cette coentreprise. Mais bon cela contredit totalement votre billet suivant qui fustige le lancement du référendum contre la vente des 51% de Naxoo à Cablecom.

  6. Quel intérêt pour les SIG d’acheter la moitié du réseau de naxoo, ils ont déjà leur propre réseau! Et d’abord que ce soit pour les SIG ou n’importe quel autre acteur il n’y a aucun intérêt d’acheter la moitié d’un réseau.

    Par contre, je ne vois vraiment pas pourquoi la ville de Genève ne pourrait pas avoir des parts dans cette co-entreprise, les exemples ne manquent pas en Romandie. Mais vous avez raison je ne connais pas forcément toutes les spécificités genevoises.

  7. Pour revenir à votre réponse du 5 octobre 2013 16:58,
    vous pensez que ces communes ont une chance ?
    Je veux dire, il y a des exemples de solution politique à ce problème ?
    Etant donné que beaucoup de villes ont déjà accepté ce chantage (je me permets d’être un peu violent dans les termes, j’espère que vous ne m’en voudrez pas), pourquoi Swisscom ferait des exceptions ? Surtout qu’il y a la pression de ceux qui ont déjà payé, et qui trouveraient cela injuste que ce soit offert à d’autres.
    Tout cela dit en étant d’accord sur le fait que les dépenses pour le déploiement des réseaux sont très mal organisées (exemple des doublons de fibre que vous évoquez), et qu’il est effectivement du rôle de la politique d’exiger un équipement adéquat pour l’ensemble du territoire et de la population, même si cela doit être au dépens de la profitabilité exagérée de certaines entreprises privées.

  8. Les relais politiques au niveau cantonal et fédéral peuvent s’avérer payants et il faut médiatiser au maximum ce genre de situation. Les communes doivent également ne pas avoir peur de faire savoir publiquement aux habitants quelles sont les exigences de Swisscom, mettre en avant la différence de traitement entre communes, etc. Il faut mettre également en avant les montants payés par les habitants de la commune durant des dizaines d’années à Swisscom pour entretenir un réseau cuivre totalement dépassé et payé depuis des décennies à raison de 25 francs par mois par X ménages… A titre d’exemple un village de 600 habitant avec un peu plus de 300 ménages à payé à Swisscom depuis 1980 près de 3 millions de francs uniquement pour payer le réseau.

    Il peut être judicieux de voir également si Swisscom a des projets sur le territoire d’une des communes pour poser une antenne mobile; si c’est le cas il faut lier les deux choses…

    Bref des moyens existent, au minimum pour réduire les prix totalement indécents et malhonnêtes proposés par Swisscom.

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