Fibre optique: trois questions à Carsten Schloter

Martin Dumermuth (OFCOM), Carsten Schloter (Swisscom) et Vincent Martenet (COMCO) le 24 août 2011 à la conférence FTTH d'openaxs à Winterthur. (photo: Anita Troller)
Lors de son intervention hier à Winterthur, le patron de Swisscom Carsten Schloter a mis l’accent sur l’importance de la mise en place d’un cadre légal favorisant les investissements, ceci alors même qu’aujourd’hui son entreprise est largement favorisée par la méthode de calcul des coûts d’accès au cuivre. Autre point mis en évidence par Carsten Schloter: le but des accords de coopération est de réduire les coûts; si c’est vraiment le cas les services ne pourront pas coûter le même prix selon si Swisscom a construit son réseau seule ou non. Enfin, le CEO a encore une fois relevé l’importance de la concurrence sur les infrastructures, ceci alors même qu’à Lausanne, un accord avec les SIL va supprimer toute concurrence sur le réseau. J’ai donc demandé à Carsten Schloter des précisions sur ces trois points:

- Ne pensez-vous pas que vous avez un rôle un peu facile pour vous positionner par rapport aux opérateurs qui n’investissent pas ou pas assez? Les investissements de Swisscom proviennent en grande partie de la taxe de 25,35 et de la méthode LRIC.

Dans le secteur des télécommunications, la méthode LRIC est appliquée à l’échelle européenne et sert précisément à inciter les futurs investissements: le prix pour un raccordement à base de fibre de verre avec plus de bande passante ne peut pas dépasser le prix d’un raccordement à base de cuivre de plus de 15%, du point de vue du consommateur – donc le prix régulé du cuivre a un impact immédiat sur le prix maximum de la fibre de verre, et par conséquent sur la rentabilité de cet investissement en fibre. Si le prix du cuivre n’était pas calculé sur la base de LRIC, aucune chance de rentabiliser les futurs réseaux de fibre.

Nos concurrents, les opérateurs de cable ont aujourd’hui une profitabilité qui est supérieure à celle de Swisscom: ils profitent toujours de leur monopole historique sur la télévision. Quant à Sunrise c’est un choix délibéré de leurs actionnaires qui conduit cette entreprise à devoir porter les dettes que ces actionnaires ont prises pour acheter l’entreprise. Si les actionnaires avaient gardé cette dette à leur niveau, Sunrise pourrait utiliser sa capacité d’endettement pour investir en fibre.

- Quand pensez-vous qu’entreront en vigueur des tarifs régionaux selon si il y a accord de coopération ou pas?

Swisscom ne prévoit aucun tarif régional pour les produits à fibre optique. Depuis fin 2010, nous commercialisons pour les clients finaux des produits basés sur la fibre optique qui coûtent le même prix partout en Suisse. En outre, début 2011, nous avons lancé sur le marché les premiers produits Wholesale, offerts au même prix à l’échelle nationale, que nous ayons conclu un accord de partenariat ou non. On ne peut cependant pas exclure que certains de nos concurrents locaux mettent en place des tarifs régionaux.

- Vous parlez des bienfaits de la concurrence DSL/Câble, pourtant à Lausanne avec votre accord avec les SIL vous allez supprimer cette concurrence.

Bien au contraire. La concurrence au niveau des infrastructures, qui a jusqu’ici opposé la technologie VDSL au câble, s’étendra à l’avenir à la fibre optique et s’intensifiera dès lors. Grâce au modèle multifibre et à la coopération prévue, SIL/Citycable et Swisscom disposent systématiquement de leur propre fibre et peuvent donc élaborer leurs propres services et les proposer à leurs clients.

© pascal martin, winterthur

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1 commentaire

  1. Mouais, c’est bien beau tout ça, sauf que les SIL de Lausanne n’ont de loin pas les même moyens
    que Swisscom pour fibrer la ville seuls. Sauf si ils bossent ensemble dans le déploiement.

    Au final, beaucoup de discussions et de théories, mais des propos qui divaguent toujours selon le point
    de vue de chacun. Ça manque clairement de mise en pratique et de travaux concrets, ainsi que de dates.

    Qu’attendent-ils pour réaliser un programme de déploiement de la fibre où l’avancement des travaux
    serait consultable par le public via un site pour chaque zone urbaine en Suisse ?

    À force de traîner ainsi, la Suisse aura bientôt l’image d’un pays sous-développé sur ses installations de
    télécoms… D’ailleurs, c’est un mauvais exemple, car certains pays proches du voie de développement ont
    déjà installé la fibre, eux. x)

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