Licences: quelle stratégie pour Orange et Sunrise?

Comme annoncé hier, la COMCOM vient de donner le coup d’envoi de la réattribution des fréquences de téléphonie mobile. A elle seule, cette redistribution des fréquences démontre à quel point le rôle de la Confédération est ambigu. En effet, l’objectif de la Confédération est à la fois d’obtenir le plus d’argent possible lors de la mise aux enchères des licences et en même temps de garantir que les « consommateurs puissent continuer à pouvoir bénéficier en Suisse d’offres de téléphonie mobile de qualité à un prix avantageux. ». Pour rendre encore la chose plus délicate, Swisscom, l’opérateur qui domine le marché appartient majoritairement à cette même Confédération. Difficile dans ces conditions de ne pas parler de conflit d’intérêts?

Alors que contre toute attente et contre toute logique la Confédération (encore elle) vient d’empêcher le mariage d’Orange et de Sunrise, on peut se demander quelle sera la stratégie des deux opérateurs alternatifs. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si Dominik Koechlin, le nouveau Président du Conseil d’administration de Sunrise déclarait cette semaine que de nouvelles discussions avec Orange pour un éventuel rapprochement étaient tout à fait possibles.

Si pour Sunrise, qui vient d’être rachetée par CVC avec comme objectif d’asseoir sa position de numéro deux, il est logique de continuer sur la voie actuelle d’investir tant dans le réseau fixe (dégroupage) que mobile en se portant candidate pour les nouvelles licences, les choses sont quelque peu différentes pour Orange. Quel intérêt en effet pour la filiale de France Telecom de mettre des millions pour obtenir des licences en sachant qu’elle est dans la situation du plus faible et que le déploiement de trois réseaux de nouvelle génération n’est de toute façon pas vivable? En mettant son argent pour des licences, Orange prend le risque de les payer une deuxième fois lors du rachat de Sunise.

Intérêt du consommateur en jeu!
A mon avis, Orange aurait donc tout à gagner de ne pas se porter candidate pour la réattribution des fréquences et au contraire d’exiger l’accès au réseau à des conditions non discriminatoires. Lorsque l’on sait que le Président de la COMCOM militait tant pour le rachat de Sunrise par Orange que pour la mise en commun des deux réseaux, on le voit mal aujourd’hui venir tenir un autre discours. Une telle décision courageuse de la part d’Orange mettrait également Swisscom dans une position délicate puisque le géant bleu serait le premier perdant de voir la régulation se renforcer dans le mobile.

Un jour, la COMCO sera rendra certainement compte que même si elle peut être associée à un partage du marché, une vraie concurrence sur les infrastructures en deux opérateurs forts sera de toute façon plus bénéfique pour le consommateur que le maintien artificiel de trois réseaux payés par les consommateurs à prix d’or! Comme dit le proverbe: « Mieux vaut tard que jamais! »

© pascal martin

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18 commentaires

  1. C’est inévitable la fusion des 2, on rende bien compte maintenant , bien vu 🙂 Bravo

  2. ce qui est dommage c’est que tous le monde va se rendre compte que le rachat de sunrise par orange aurais du être fait bien avant car swisscom à vraiment une position dominante. Comme c’est si bien dit plus haut … Mieux vaut tard que jamais

  3. C’est vrai que le binôme Coop-Migros nous permet d’avoir les meilleurs prix en Europe. Ah non tient. C’est les deux distributeurs européens qui ont le plus de marge et qui peuvent imposer leurs prix à leurs fournisseurs. Peut-être qu’à deux c’est pas mieux qu’à trois finalement. Moi je serais donc plus pragmatique. On est un petit pays, avec des puissances d’antenne 10x plus faibles et pas mal de montagnes. Résultat, réseau plus cher, facture plus haute. Et encore, je mets même pas notre pouvoir d’achat au dessus de la moyenne dans la balance.

  4. Orange et Sunrise n’auront jamais les moyens d’investir dans le LTE… La preuve, Swisscom commence dès l’année prochaine, Sunrise vers 2013 et Orange on ne sait même pas.

    A mon avis, une fusion est inévitable. Je verrais bien un rapprochement entre Sunrise, Orange et pourquoi pas Cablecom ? Ca ferait une alternative crédible à Swisscom et ses tarifs d’un autre âge.

  5. C’est vraiment le seul point où je pense que le scal se fourvoie : le passage à un duopôle serait une catastrophe pour le consommateur.

    S’il s’avère que la situation à 3 concurrents n’est pas tenable (ce qui reste à prouver), alors la seule solution est de passer à un système monopolistique pour l’infrastructure (les antennes), avec par-dessus des opérateurs virtuels vendant leurs services à valeur ajoutée.

  6. Une fusion Sunrise + Orange ne provoquera pas de révolution dans les prix, il ne faut pas rêver.

    Le seul progrès cela sera une amélioration des réseaux, car pour le moment c’est une calamité, dès que l’on sort des grandes villes et des grands axes cela devient vite problématique.

    Ceux qui rêvent de la 4G (LTE) dans les campagnes peuvent continuer de rêver tout en dormant, ce n’est pas demain la veille, Swisscom ou X vont investir dans les villes, copie conforme du déploiement de la 3G, tout dans les villes, rien dans les campagnes, il en sera de même pour la suite.

  7. Je suis d’accord avec Dada. Il faut sortir du DOGME que le monopole c’est mal et la concurrence c’est bien. Il faut admettre qu’il y a des situations où le monopole est une solution plus efficiente que la concurrence. C’est le cas ici lorsque les coûts fixes sont important et les économies d’échelles grandes.

    La monopolisation des infrastructures devrait permettre de construire un réseau dense, équitable, homogène. Une difficulté est ensuite d’allouer les coûts correctement et d’empêcher que le monopole n’abuse de sa position en demandant des prix trop élevés. Un autre reproche fait au monopole c’est le manque d’innovation, en effet quel intérêt à innover si cela ne permet pas un avantage par rapport à la concurrence, mais force est de constater que la technique de base (les ondes) est la même, la différenciation devrait se faire sur les services, ces derniers étant ouvert à la concurrence.

    Pour ce qui est des licences une attribution aux enchères ne fait aucun sens car il y a plus d’offre que de demande. L’Etat devrait les céder à titre gracieux et lever une taxe d’utilisation ce qui assurerait des revenus réguliers plutôt qu’un substantiel montant initial.

  8. @vnic32 : attention, je ne suis pas favorable au monopole !!!!! Je pense qu’on doit d’abord tout faire pour viser une situation de véritable concurrence, le monopole étant la solution de secours si le marché ne fonctionne pas.

  9. Le monopole est dans beaucoup de région la meilleure manière d’avoir des infrastructures potables. Encore faut-il que la société qui a se monopole l’assume, le rôle de la confédération étant de mettre en place des règles qui correspondent à la réalité du terrain, ce qu’elle n’assume pas dans le cas de Swisscom.

  10. Il ne manquait plus qu’un retour du monopole… 🙂

    Depuis la libéralisation du marché, même si elle ne s’est pas extrêmement bien passée, les prix ont énormément baissé. Il y a quelques années je payais encore 300 à 400.- de facture chez Swisscom, rien que pour les appels. Maintenant, pour 120.-/mois avec Orange Me j’ai les appels illimités vers tous les réseaux suisses ainsi que vers l’international, les SMS illimités et enfin 1Gb pour surfer quasi sans-limite. 🙂

    Il ne faut absolument pas un retour au monopole. Je vois plutôt une répartition du marché entre trois sociétés: Swisscom, Orange-Sunrise et enfin Cablecom qui pourrait se lancer dans le mobile et bâtir son propre réseau. Ca prendrait du temps, mais ils ont déjà beaucoup de clients dans le fixe donc la marque n’est pas totalement inconnue. Peut-être un partenariat avec un autre grand opérateur européen, comme Deutsche Telekom, Vodafone ou encore Telefonica.

  11. Oubliez Cablecom, cette entrepris est en vente en europe. Les actionnaire américains ont chargé le conseil de direction de s’étendre à l’est en Russie et consort, c’est là ou il y a de l’argent à faire. Pour le moment Cablecom tente de dégager le plus de marge possible pour « traire » comme on dit dans le jargon commercial. mais il faut du cash pour s’étendre à l’Est et le réseau européen n’a pas d’évolution il est à maturité. Cablecom n’investis pas grand chose pour l’entretient de son réseau. D’ici 6 mois à 2 ans Cablecom suisse sera vendu !

  12. Merci de bien vouloir étayer vos propos par des sources.

    En Suisse comme ailleurs en Europe Liberty Global investi dans le réseau pour pouvoir offrir du 100 Mégas; en Allemagne, Liberty Global a finalisé cette année l’achat du 2e cablo du pays http://www.unitymedia.de pour (dettes comprises) 5,2 milliards de dollars. Ces 18 derniers mois, l’action de Liberty Global a plus que doublé.

    Si il y a des épisodes que j’ai raté, merci de me le faire savoir.

  13. Surtout que Cablecom n’a jamais caché son intérêt pour le mobile…

  14. Cablecom n’a pas une bonne image dans le pubic.

    Son arrivée sur la téléphonie mobile serait un echec programmé !

  15. Cosodo raconte n’importe quoi.

  16. C’est vraiment le seul point où je pense que le scal se fourvoie : le passage à un duopôle serait une catastrophe pour le consommateur.

    S’il s’avère que la situation à 3 concurrents n’est pas tenable (ce qui reste à prouver), alors la seule solution est de passer à un système monopolistique pour l’infrastructure (les antennes), avec par-dessus des opérateurs virtuels vendant leurs services à valeur ajoutée.

    Tout à fait : la ComCo a eu tout à fait raison (pour une fois !) d’empêcher ces paresseux de racheter un réservoir de clients pour pouvoir se reposer sur leurs lauriers, au moins là pour Orange c’est : bosse ou tire toi

    Et même s’il ne devait rester que Sunrise et Swisscom, ce sera toujours mieux que Orange et Swisscom parce que CVC savent qu’on ne peut pas faire de l’argent en se croisant les bras.

  17. @Mokona: Si Orange avait racheté Sunrise et qu’elle n’aurait pas fait d’investissements supplémentaires, ni baisser ses prix, sa part de marché aurait fondu comme neige au soleil…

  18. Red : ça fait des années qu’elle fond et ça n’a pas l’air de les déranger outre mesure, tant qu’il leur reste une masse critique qui paye. Le but d’Orange CH n’est pas de gagner des parts de marchés, c’est de gagner de l’argent sans efforts, c’est là toute la différence avec Sunrise (et ce d’autant plus qu’à présent c’est un fond d’investissement qui l’a rachté) qui vise la croissance, non pas dans l’intérêt du client mais pour gagner toujours PLUS d’argent.

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