Accès au réseau: la campagne sponsorise la ville!

Conformément à l’ordonnance sur les services de télécommunication (OST), Swisscom adapte, chaque année, les prix des services réglementés (offre Wholesale). Les tarifs calculés sont alignés sur les coûts selon la méthode LRIC (long run incremental cost), comme le prévoit la réglementation.

Augmentations en vue
Par conséquent, les prix d’interconnexion vont augmenter de près de 14%, notamment en raison d’un recul du volume des appels. De son côté, le prix mensuel d’un raccordement d’abonné dégroupé (dernier kilomètre) augmente d’environ 3%.

Sunrise pas d’accord
De son côté Sunrise estime au contraire que les prix devraient baisser. Le problème vient de la méthode de calcul LRIC qui tient compte du prix que coûterait aujourd’hui le déploiement d’un nouveau réseau alors que le réseau utilisé est amorti depuis plusieurs dizaines d’années. Les consommateurs paient donc plusieurs fois pour le même réseau. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Monsieur Prix ainsi que les associations de consommateurs sont pour une modification de la méthode de calcul. Cependant, ne nous trompons pas de cible, aujourd’hui Swisscom ne fait qu’appliquer la méthode de calcul décidée par le législateur. Si l’ordonnance sur les services de télécommunication doit être modifiée, c’est bien au législateur ou au régulateur de le faire.

La campagne sponsorise la ville
Swisscom défend bien sûr la méthode de calcul actuelle. Selon le géant bleu « elle garanti les investissements dans des infrastructures nouvelles et vise une exploitation efficace des réseaux existants tout en empêchant la mise en place d’infrastructures parallèles inutiles. » A l’heure où le temps est justement venu de remplacer le réseau de cuivre existant par de la fibre optique (FTTH), on remarque que c’est justement Swisscom qui, pour éviter toute régulation, milite pour la mise en place d’infrastructures parallèles inutiles en posant plusieurs fibres, alors qu’il y a énormément de chances qu’au final une seule fibre soit véritablement utilisée.

Autre point délicat, si le prix payé par le consommateur pour accéder au réseau de cuivre doit permettre à Swisscom d’investir dans de nouvelles infrastructures, cela signifie tout simplement que paradoxalement, le réseau FTTH ultra moderne mis à disposition des habitants chanceux des grandes villes à des coûts inférieurs au cuivre – comme c’est le cas à Zurich – est payé par les clients « cuivre ». Ceci alors même que cela devrait être le contraire; l’accès au cuivre comme au FTTH devrait être offert à un prix orienté vers les coûts et une taxe d’abonnement – ou taxe de solidarité – identique à celle des 25,25 actuelle devrait être mise en place pour garantir le déploiement de la fibre optique en dehors des grandes villes.

Sans modification de la loi, à l’heure où Swisscom ne pose plus de nouvelles armoires VDSL – mis à part lorsque les communes participent au financement – ceux qui habitent en dehors des grands centres urbains ne verront non seulement pas la vitesse de leur ligne évoluer ces prochaines années mais en plus, ils sponsoriseront le FTTH des habitants des grandes villes. Pas sûr que ce soit logique!

Quoi qu’il en soit, le débat politique autour de l’accès au réseau pour tous, risque bien de se durcir ces prochains mois.

© pascal martin

Billets similaires:


/*

1 commentaire

  1. Petite remarque : le cout de construction et de maintenance d’un réseau est certainement pas le même en ville qu’à la campagne…
    Ca coute la même chose de tirer une fibre vers un immeuble locatif avec 24 appartement que vers une villa isolée.
    Pour la maintenance, les lignes sont plus longues et plus exposées (plus aériennes) …

Répondre

Créez en moins d'une minute votre avatar personnel sur gravatar.com.

You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*


 

Traduction

Archives