Swisscom doit fusionner!

Quelques jours après l’annonce du rachat de Sunrise par Orange, tous les acteurs de la branche se sont exprimés sans qu’on n’apprenne rien de trop nouveau. La presse dominicale alémanique y est allée de ses suppositions sur le nombre d’emplois supprimés, le pactole que devrait toucher Christoph Brand, l’abandon du réseau Orange au profit de celui de Sunrise ou encore l’abandon à moyen terme de la marque Sunrise… Sans oublier Cablecom qui s’intéresserait tout d’un coup à une licence mobile alors qu’elle propose depuis plusieurs années des offres mobiles en toute discrétion… Ce qui est sans doute le plus marrant c’est de voir certains miser sur l’arrivée en Suisse d’un grand opérateur tel que l’Espagnol Telefonica ou l’Allemand T-Mobile.

Cependant, c’est dans la Luzerner Zeitung de samedi qu’il faut se tourner pour trouver un article plutôt original. Le journal lucernois propose un entretien avec Matthias Finger (photo EPFL), Professeur à l’EPFL en Management des Industries de réseau (MIR) sous le titre quelque peu provocateur «Swisscom muss fusionieren». Selon lui, si l’on veut éviter que d’ici quelques années il se passe avec Swisscom la même chose que ce qui s’est passé avec Swissair, il faut que le géant bleu commence sérieusement à réfléchir à fusionner avec un grand opérateur européen. Il faut dire que tous sont unanimes – des patrons aux syndicats – pour dire que le marché européen va continuer à se consolider ces prochains mois pour au final ne comporter que quatre ou cinq acteurs. Et lorsque ce jour sera arrivé, Swisscom qui est près de dix fois plus petit que les grands opérateurs européens, ne fera de toute façon pas partie des heureux élus. Pour Matthias Finger, plus rapidement la Confédération comprendra l’importance pour Swisscom de trouver un partenaire, plus elle pourra en tirer partie financièrement; si au contraire elle s’obstine à vouloir protéger Swisscom vis à vis de l’étranger, cela finira assurément comme l’affaire Swissair et l’entreprise sera vendue pour une bouchée de pain.

Effets à court-terme
Dans l’article de la Luzerner Zeitung, Matthias Finger met en avant également des effets à court terme. Par exemple, la possibilité pour France Telecom de facturer les frais de roaming aux clients suisses aux mêmes prix que ceux de l’Union européenne nettement plus bas qu’en Suisse. Si pour Orange qui est présente dans le monde entier cela ne changera pas grand chose, cela pourrait faire très mal à Swisscom. De mon côté, je suis également d’avis qu’à moyen terme, à l’heure où les exclusivités sur des appareils se généralisent, Swisscom aura de plus en plus de peine à pouvoir proposer n’importe quel téléphone; de plus face aux géants d’en face, Swisscom paiera les appareils et le matériel d’équipement du réseau nettement plus cher que ses grands concurrents.

Bref, l’avis de Matthias Finger, une pointure dans le domaine, est très intéressante. Ceci d’autant plus que d’après moi avec les enjeux de l’an prochain et le rapport demandé par le Conseil fédéral sur la situation du marché des télécommunications dans notre pays, Swisscom va répéter à qui veut bien l’entendre qu’avec le rachat de Sunrise elle a en face d’elle un concurrent dangereux. Le réflexe de nombreux politiciens sera donc de vouloir continuer à protéger Swisscom, réflexe qui aura pour seule conséquence d’augmenter encore la différence de prix déjà importante des services de télécommunications entre la Suisse et les pays voisins.

© pascal martin

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11 commentaires

  1. Que l’activité « mobile » de Swisscom passe en mains étrangères, pas de problème. Idem pour Bluewin ou pour les services aux entreprises. Par contre, je trouverais scandaleux que le service de base de Swisscom ne soit plus entre les mains (indirectes) de la confédération. Même avec du dégroupage, c’est encore Swisscom qui gère le fil de cuivre de Sunrise et consorts !

    La bonne solution pour moi est de scinder Swisscom en deux entités :

    - l’une en mains 100% privées (voire étrangères) qui gère les activités où une vraie concurrence est possible et nécessaire.
    - une entité 100% en main de l’Etat pour le service de base (gérer les câbles et fibres pour y faire passer des 0 et des 1), où la concurrence ne marche pas.

  2. Le syndicat de la communication est opposé au rachat de Swisscom part une entreprise étrangère.

    La question qu’il faut se poser aussi, voulez-vous que vos données et vos problèmes soient réglé par des sociétés bassées au Maroc, en Inde, comme le font certaines sociétés étrangères ???

    Bien sûr que cela fera baisser les prix mais feront également perdre de la qualité de service. le syndicat de la communication se bat chaque année pour que les collaborateurs ayent de bonnes conditions de travail. Cela est déjà très compliqué quand les sociétés en Suisse sont dirigées pas des sociétés étrangères (Cablecom, Orange et Sunrise, etc…) Toutes dirigées par des sociétés étrangères.

    Alors réfléchissez. Plus de chômage, Plus de personne aux services sociaux, Moins de service, Service clientèle délocalisé à l’étranger et souvent hors continent européen.

  3. Syndicom s’est toujours battu que pour défendre Swisscom contre Cablecom Sunrise et Orange. Avec le chomage qui va arriver chez Orange et Sunrise on peut dire merci a Syndicom qui sont responsables de tous les licenciement.
    Meme dans le commentaire dessus Syndicom critique Cablecom Orange et Sunrise.
    C’est scandaleux.

  4. euh… comparer les télécoms à l’aviation… est-ce bien sérieux?

  5. Bonjour Stéphane,

    Je tiens à te signaler que nous défendons l’ensemble des collaborateurs de la branche. Le syndicat de la communication n’est en rien responsable avec les licenciements au contraire on les combat. Nous ne les critiquons pas. Nous disons simplement qu’il est toujours plus compliquer à se faire entendre, du fait que c’est la maison mêre qui décide et non pas la filliale… Cela fait 10 ans presque que l’on essaye de négocier une CCT au sein d’Orange pour information.

    Et juste pour information, nous sommes pas responsable des licenciements qui pourraient être fait chez Orange et Sunrise suite à la fusion. Orange s’est déjà dite prête à négocier un plan social et à négocier une CCT. Donc c’est bien le contraire.

    Mais je te laisse le soin de consulter le site du syndicat pour te faire une idée des avancées que nous essayons d’apporter… Mais il est pas facile de négocier si on se trouve devant un mur…

    Juste pour rappelle c’est grâce au syndicat de la communication et à sa tenacité qu’il y a eu la grève ORANGE il y a quelques années.

    Nous restons à ta disposition pour d’amples informations.

  6. Moi j’ai une meilleure idée que la pointure ci dessus!
    Il faudrait démanteler le conseil fédéral ainsi que la confédération et laisser l’Union Européenne, les États Unis ou pourquoi pas les Émirats Arabes Unis gérer la Suisse car toute seule dans son coin elle ne fera jamais le poids face au géants de ce monde…! Mais où on va…! Faut se réveiller il y a pas que l’argent sur terre. On dirait bien que la devise marche ou crève a pris tout son sens!

    (ES)

  7. Faites pas semblant de pas comprendre M. Syndicom. Les centaines de gens qui vont perdre leur travail à cause de votre combat contre l’ouverture du marché ne vous remercient pas.

  8. Je comprends votre point de vue.

    Mais si vous voulez travailler pour 2000 CHF par mois, c’est votre soucis. On est pour des conditions de travail qui soit décente dans notre pays. Prenez l’exemple en France avec la libéralisation du marché : baisse des prix pour les clients peut être… mais à quel prix ? chômage, baisse du pouvoir d’achat des collaborateurs de ces sociétés, et les suicides chez France Télécom sont des exemples parmis d’autres. Nous pouvons vous donner plein d’exemple du même genre. Mais si vous voulez que la Suisse aient 10 à 30 fois plus de chômeurs cela vous regardes.

    Avec mes salutations.

    Syndicat de la Communication
    Section Lausanne Télécommunication

    Rodolphe

  9. Quote : « La question qu’il faut se poser aussi, voulez-vous que vos données et vos problèmes soient réglé par des sociétés bassées au Maroc, en Inde, comme le font certaines sociétés étrangères ??? »

    A priori, votre argument me parait inadéquat. Plusieurs millions de clients en Suisse font confiance à des opérateurs privés et cela ne pose aucun soucis à leures données personelles.

    La comparaison avec l’aviation est exagérée en effet; bien que les marges en télécom s’amenuisent de plus en plus… Chaque franc compte maintenant!

  10. @ahem > Tout à fait… Mais qui dit traitement au Maroc et en Inde par exemple = suppression de ces mêmes postes en Suisse de facto… Tout va de paire.

    Personnellement je n’aimerais pas que mes données soient traités en Inde par exemple…

  11. Tout simplement parce que ces plusieurs millions (la Suisse compte 7.5 mios d’habitants bébés et enfants compris) ignorent ce fait.

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